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L’apparition dans les années 1970 sur le marché français des bonbons industriels, produits en masse et à bas coût, n’a pas signé la mort du marché du bonbon traditionnel. Au contraire, on observe un engouement constant pour les bonbons d’antan comme les berlingots, nougats, bonbons à l’anis, bonbons des Vosges, de Cambrai ou d’Isigny, qui continuent toujours à trouver leur public. Souvent sans colorants ni arômes artificiels, ces bonbons à l’ancienne ont même connu, ces dernières années, un véritable retour en force dans le marché de la confiserie.

Quels sont les arguments des petits confiseurs, et pourquoi les Français aiment-ils toujours les bonbons d’antan ?

Des bonbons traditionnels

Quand on évoque les bonbons traditionnels, on pense souvent à une tradition familiale. Pour les consommateurs adultes et seniors, les bonbons à l’ancienne représentent de vraies madeleines de Proust, un moyen de recréer les goûts de l’enfance – et de les faire partager à la nouvelle génération. Là où les industriels mènent une course incessante à l’innovation pour rester visibles et créent toujours de nouveaux fourrages, de nouveaux goûts et de nouvelles formes pour séduire un public jeune, voire très jeune, les bonbons à l’ancienne rassurent avec des recettes souvent inchangées depuis de nombreuses décennies. Ils nous ramènent à une époque où les méthodes de fabrication des bonbons et leurs ingrédients étaient bien plus simples. C’est donc une séduction d’ordre sentimental qu’exerce le bonbon à l’ancienne : avec leur packaging rétro et leurs saveurs familières, les bonbons traditionnels font vibrer la fibre nostalgique chez leurs consommateurs.

Traditionnels, ces bonbons le sont également de par le lien fort qu’ils entretiennent avec leurs régions et terroirs. Dans le secteur du bonbon, l’argument de la proximité, de la consommation locale, fonctionne à plein. Les confiseries à l’ancienne mettent souvent en valeur un ou plusieurs produits locaux comme la bergamote, menthe, anis, sève de pin des Vosges, violette de Provence, ou encore le miel de pays, pour ne citer que quelques-uns des ingrédients utilisés dans les bonbons traditionnels. Cette approche a de quoi séduire les adeptes de la consommation en circuit court, du « made in France », et les chantres d’une revalorisation du terroir et des saveurs de nos régions : or, ceux-ci sont de plus en plus nombreux. Ils ont d’ailleurs assuré à la confiserie artisanale une croissance constante de leur part de marché dans la confiserie, depuis une dizaine d’années.

Les bonbons traditionnels, aussi appelés bonbons d’antans sont de véritables douceurs surannées, parfaitement en phase avec la vogue de la «slow food».
Autre public auprès duquel les bonbons traditionnels rencontrent un fort succès : les touristes, qu’ils soient français ou étrangers. Ils cherchent à se procurer un produit qu’ils ne trouvent pas chez eux et se tournent naturellement vers les confiseries locales et artisanales, plus « typiques » et authentiques. Emballages sobres, soignés, couleurs naturelles : les bonbons à l’ancienne jouent en outre la carte de l’élégance et du luxe, et peuvent même faire de jolis cadeaux. On peut également les sortir fièrement pour les invités au moment du goûter ou du thé – de ce point de vue, les bonbons traditionnels dament le pion aux bonbons industriels, beaucoup moins présentables.

Malgré leur prix un peu plus élevé que les autres bonbons, et des textures et couleurs moins variées, les bonbons traditionnels ont un atout non négligeable : avec eux, on sait ce que l’on mange. Car choisir entre des bonbons industriels et des bonbons traditionnels, c’est choisir entre deux approches tout à fait opposées du bonbon, et c’est également choisir entre des ingrédients très différents. Quand on sait que les Français consomment plus de 3 kg de bonbons par an et par personne, que ce chiffre est en constante augmentation et que les premiers consommateurs de bonbons sont les enfants et pré-adolescents, il vaut la peine de se pencher sur la composition de ces sucreries.

Voici un article qui pourrait vous être utile si vous avez envie de vous renseigner davantage sur les bonbons d’antan: http://www.nicebonbon.com/blog/pourquoi-est-ce-redevenu-in-de-manger-des-batons-de-reglisse/

Des bonbons meilleurs pour votre santé

Certes, un bonbon, c’est avant tout une douceur que l’on s’offre pour se faire plaisir, dans un esprit de réconfort, et non en général en pensant à sa santé. Il est vrai également que les bonbons artisanaux comme les industriels sont avant tout composés de sucres, et à ce titre, sont à consommer avec une certaine modération.

Cependant, un simple coup d’œil à la liste des ingrédients des bonbons industriels et à celle de bonbons artisanaux suffit à se convaincre qu’en matière de santé, tous les bonbons ne se valent pas. Un bonbon artisanal contient en général des sucres, bien entendu, des arômes, la plupart du temps issus des plantes ou des fruits (réglisse, anis, concentrés de fruits…), de l’eau, et c’est à peu près tout.

Pour la fabrication de bonbons industriels, en revanche, la liste des ingrédients s’allonge considérablement : sont utilisés différents agents de texture, des régulateurs d’acidité, des colorants issus de la chimie, des graisses, de la gélatine de porc ou de bœuf… En tout, c’est en moyenne une vingtaine d’ingrédients qui entrent dans la composition des bonbons de grande surface. Parmi eux, des colorants controversés, interdits pour certains aux Etats-Unis mais pas encore en Europe. C’est le cas par exemple du E131, colorant bleu vif. Le risque de réaction allergique est donc décuplé avec les bonbons industriels, ce qui est d’autant plus inquiétant que le premier public visé est celui des enfants, particulièrement sensibles au risque allergique.

Un phénomène illustre bien le problème : la fabrication par les industriels de bonbons toujours plus acides. Les bonbons qui « piquent » sont parmi les plus populaires chez les adolescents : en conséquence, le secteur des bonbons acides est le plus dynamique du marché. Filon en or pour les industriels, les bonbons acides peuvent provoquer des brûlures buccales, d’estomac, et modifier le PH de la salive.
Récemment, les industriels de l’agroalimentaire et notamment les fabricants de bonbons ont été mis en cause pour avoir utilisé un additif controversé : le E171, ou dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules. C’est une enquête du magazine 60 millions de consommateurs, qui a permis de mettre au jour la présence de cet additif. Ce colorant blanc fait encore l’objet d’études pour déterminer son caractère nocif ou non pour l’homme. Le problème principal est que le E171 était présent dans les produits testés sous forme de nanoparticules, susceptibles de passer la barrière intestinale. Quelle que soit l’issue des études scientifiques en cours, le moins qu’on puisse dire est que les industriels se montrent peu soucieux de respecter le principe de précaution. Il reste un autre fait inquiétant : l’opacité des ingrédients utilisés dans la confiserie industrielle. Les listes à rallonge d’ingrédients aux noms peu évocateurs ne sont de surcroît pas toujours exhaustives : la présence de dioxyde de titane n’était dans certains cas pas mentionnée sur l’emballage.

Face à la prise de conscience progressive des parents en matière d’équilibre et de sécurité alimentaire, et aux actions des associations de défense des consommateurs, des alternatives bio et naturelles et plus naturelles se sont développées. Ainsi, dans la confiserie bio, la gélatine animale est remplacée en confiserie bio par des gélifiants végétaux, comme l’agar-agar. Les colorants sont issus des fruits, et le nombre d’additifs est limité. Après le chewing-gum sans sucre, depuis longtemps bien implanté sur le marché, ce sont les bonbons sans sucre qui se développent.

Les bonbons artisanaux, avec leur petit nombre d’ingrédients, leurs arômes et leurs colorants d’origine naturelle, sont donc dans la tendance du marché. En outre, certains types de bonbons se targuent d’être bons pour la santé. Les ingrédients comme le miel, la sève, la menthe ou encore la propolis sont utiles pour soulager une gorge douloureuse et dégager les bronches. L’anis et la réglisse aident à lutter contre les nausées… Pour plaire aux enfants et aux plus grands, la confiserie artisanale est par ailleurs elle aussi capable d’innover et de jouer avec les traditions (dans le respect des recettes qui font tout le caractère des bonbons artisanaux). Grande nouveauté du 21e siècle, la vente en ligne, qui permet au consommateur de se procurer facilement des sucreries fabriquées en petite production dans les régions de France.

Ces temps-ci, les bonbons à l’ancienne se débarrassent de leur image un peu vieillotte. Ils entrent dans la tendance du manger local et plus sain. Face aux industriels qui tirent les prix vers le bas, les bonbons artisanaux surfent sur la vague du « moins manger, mais manger mieux ». Les consommateurs, devenus plus exigeants, demandent toujours une meilleure traçabilité des ingrédients, moins de sucres, plus d’ingrédients naturels. La recherche d’aliments plus sains mais toujours riches en goût est une tendance de fond de ces dernières années et de ce point de vue, les confiseurs artisanaux sont bien en avance sur leur temps.